Dispositif Censi-Bouvard : durée et fin, toutes les informations à savoir

Un dispositif fiscal qui s’arrête net après treize ans de service, voilà qui ne fait pas les gros titres. Pourtant, la mécanique Censi-Bouvard, avec son calendrier strict et sa durée d’engagement de neuf ans, continue de susciter des interrogations chez les investisseurs qui cherchent à conjuguer rentabilité et sécurité. Si vous avez misé sur ce levier immobilier, mieux vaut connaître les règles du jeu jusqu’au bout : ici, chaque échéance compte et la moindre sortie de route coûte cher.

La loi Censi-Bouvard en bref : principes et fonctionnement

Le dispositif Censi-Bouvard, né de la loi de finances 2009, a été pensé pour les particuliers désireux d’élargir leur patrimoine sans s’encombrer des tracas habituels de la gestion locative. À l’origine, deux députés, Michel Bouvard et Yves Censi, ont porté ce texte, ciblé sur l’achat de logements neufs ou en état futur d’achèvement, exclusivement intégrés à des résidences services, qu’il s’agisse de logements étudiants, de structures pour seniors, d’EHPAD ou de résidences de tourisme.

Le principe est limpide : l’investisseur acquiert un logement meublé pour le confier en location à un exploitant professionnel via un bail commercial longue durée, sous le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel). L’intérêt ? Des revenus réguliers et la délégation complète de la gestion courante grâce à ce bail qui verrouille l’exploitation sur plusieurs années.

Voici comment se déploie concrètement le dispositif :

  • Achat dans une résidence services, adaptée à une cible clairement identifiée (étudiants, personnes âgées…)
  • Location du logement à un gestionnaire spécialisé via un bail commercial, garantissant le versement des loyers
  • Engagement de location d’au moins neuf ans pour activer le mécanisme Censi-Bouvard

Grâce à la loi Censi-Bouvard, l’investisseur reste pleinement propriétaire de son bien, mais délègue la gestion locative à l’exploitant. Fini les recherches de locataires, états des lieux fastidieux ou interventions techniques imprévues : tout passe entre les mains du gestionnaire.

Ce cadre s’inscrit dans la continuité du statut LMNP, qui conserve une forte attractivité sur le marché de l’immobilier locatif français. L’objectif affiché : sécuriser le placement, soutenir l’accès au logement pour les publics spécifiques et offrir un outil patrimonial qui conjugue rendement et simplicité opérationnelle.

Quels avantages fiscaux pour les investisseurs ?

Le Censi-Bouvard n’a pas séduit par hasard. Il a été bâti autour d’avantages fiscaux concrets qui allègent durablement la note :

  • La réduction d’impôt : calculée sur le prix hors taxes du bien (dans la limite de 300 000 euros annuels), elle atteint 11 % du montant investi, répartie linéairement sur neuf ans. Pour un investissement maximal, cela représente jusqu’à 3 666 euros de réduction par an.
  • La récupération de la TVA : possible sur le prix d’acquisition à hauteur de 20 % à condition que la résidence propose au moins trois services para-hôteliers (accueil, petit-déjeuner, ménage, linge…) et soit gérée par un exploitant professionnel.

La fiscalité des loyers perçus relève du régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Deux choix : le régime micro-BIC, qui applique un abattement automatique de 50 % sur les recettes, ou le régime réel, qui permet d’imputer les charges effectives. Attention toutefois : la part du bien bénéficiant de la réduction d’impôt ne peut pas être amortie, mais l’excédent d’investissement peut l’être via le LMNP classique.

Autre point notable : le dispositif échappe au plafonnement global des niches fiscales et ne subit aucune reprise en cas de transmission du bien, sauf rupture de l’engagement de location. L’ensemble forme un cadre fiscal robuste, qui rassure les investisseurs attachés à la stabilité.

Conditions d’éligibilité et étapes à suivre pour bénéficier du dispositif

Pour activer le Censi-Bouvard, tout commence par l’achat d’un logement meublé neuf ou en VEFA dans une résidence services (étudiants, seniors, EHPAD, affaires). Le propriétaire signe ensuite un bail commercial d’au minimum neuf ans avec un exploitant professionnel. Ce contrat assure la gestion locative et garantit le versement des loyers.

Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) conditionne l’accès au dispositif. Il faut s’inscrire au registre du commerce et des sociétés (RCS) en qualité de LMNP, une formalité administrative incontournable pour déclarer les revenus au régime micro-BIC ou réel. La mise en location doit intervenir dans le mois qui suit l’achèvement ou l’achat du bien.

Avant de se lancer, il s’impose de vérifier que la résidence propose bien au moins trois services para-hôteliers. Sans ce seuil, l’éligibilité tombe à l’eau. L’identité et la solidité financière de l’exploitant doivent également être analysées de près : la pérennité des loyers en dépend directement.

Pour la partie fiscale, mieux vaut se rapprocher d’un expert-comptable afin d’optimiser la déclaration et d’adapter le montage à votre situation patrimoniale. La réduction d’impôt est à indiquer sur la déclaration de revenus, au bon emplacement.

Respecter chaque étape, sans approximation, permet de profiter pleinement des avantages du Censi-Bouvard et de sécuriser son investissement sur la durée.

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Que se passe-t-il après 9 ans de location ? Fin du dispositif et options possibles

Neuf ans plus tard, le compteur fiscal s’arrête pour le Censi-Bouvard : la réduction d’impôt prend fin sans formalité particulière. Le logement, cependant, garde son statut de location meublée et reste sous le régime LMNP aussi longtemps que l’investisseur le souhaite.

Plusieurs voies s’ouvrent alors :

  • Poursuivre la location meublée avec le même gestionnaire (ou un autre), en continuant de bénéficier de l’amortissement LMNP sur la fraction du bien non couverte par la réduction d’impôt.
  • Revendre le bien, ce qui déclenche l’imposition sur la plus-value immobilière selon la fiscalité applicable aux particuliers. Le nombre d’années de détention influe directement sur l’abattement et le gain net.
  • Transmettre le logement à un enfant ou à un héritier, qui pourra lui-même opter pour le statut LMNP, à condition de respecter les formalités fiscales et déclaratives. La récupération de la TVA reste acquise si la location continue dans les mêmes conditions.

Une fois la période des neuf ans écoulée, rien n’oblige à vendre. Certains préfèrent capitaliser sur la régularité des loyers, d’autres saisissent l’occasion pour réorienter leur stratégie patrimoniale. Le dispositif s’arrête, mais le bien, lui, continue son histoire, offrant à chacun la liberté de décider de la suite à écrire.

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